Décidément, l'inflation attaque tout. Les prix, mais aussi la longueur du divertissement culturel. Que ce soit les films dont la durée moyenne a dépassé les 2h, les séries aux épisodes d'1h étalées jusqu'à écœurement du public, ou les romans qui dépassent aujourd'hui allègrement les 600 pages, on croule sous la quantité. Alors, d'où vient cette inflation du nombre de pages ? Les auteurs sont-ils soudainement si inspirés ? Je crois qu'il y a d'abord une distinction à faire. Sur les forums d'écriture que je côtoie, je constate que beaucoup de jeunes auteurs annoncent des manuscrits à 160, 180, 200 000 mots. Une longueur de roman, c'est normalement entre 50 et 120 000 mots, pour vous donner un ordre d'idée. Et bien qu'il s'agisse de manuscrits destinés à être raccourcis après réécriture, ils resteront bien au-dessus des longueurs standards. Mais il y a aussi un autre facteur : le ratio narration/dialogue de plus en plus en faveur du dialog...
Ici, on ne se contente pas d'aimer ou de détester un livre, on le dissèque. Ici, on ne donne pas de recettes toutes faites pour l'écriture, on transplante.