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Articles

Etiologie du Cliché n°2 - L'épidémie des sagas

Dans mon parcours de lectrice, j'ai évidemment lu quelques sagas lorsque j'étais plus jeune : Mercy Thompson, Oksa Pollock, la Sor'cière, Ulysse Moore, Twilight... Pourtant, maintenant adulte, après avoir élevé mes exigences littéraires, me voilà à refuser de lire la moindre trilogie, ou même le moindre livre de plus de 400 pages. Serait-ce du mépris ? Probablement. Gratuit ? Non.  Soyons réalistes, peu d'auteurs ont des choses intéressantes à raconter sur plus de 400 pages. Et encore moins en ont pour plusieurs tomes. Sans même parler de qualités stylistiques qui, malheureusement, n'intéressent pas beaucoup d'auteurs contemporains. Aujourd'hui, les sagas sont trop souvent des romans uniques gonflés à l'eau, tel un saumon d'élevage déjà obèse dont on cherche à maximiser la rentabilité, pour être vendus à la découpe. Alors pourquoi cette épidémie de sagas dans nos librairies ? Si si, la question est légitime parce que, commercialement, ce n'est pa...
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Incipit au Scalpel n°5 - L'imposture

À la suite d'une fortuite, et malheureuse, rencontre sur une liste de "conseils" destinés aux jeunes auteurs, j'ai promis à Werber un "Incipit au scapel". Cette liste, digne d'un misomuse déterminé à tuer toute vélléité artistique et esthétique chez les écrivains en herbe, m'avait conduit à m'interroger sur la plume de ce scribouillard maintes fois publié, acheté, et récompensé. Alors, pour l'exercice de cette critique, j'ai choisi la dernière sortie de Bernard Werber : La voix de l'arbre. – Pourquoi m’emmènes-tu dans cet endroit complètement perdu ? demande Rose, un peu inquiète. – Je suis sûr que ça va te plaire, répond Aymeric. Les deux jeunes randonneurs s’enfoncent dans les profondeurs de la forêt du Ciron, au cœur des Landes, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Bordeaux. Rose Pinson, vingt-trois ans, de petite taille, cheveux châtains aux reflets roux regroupés en queue-de-cheval et yeux en amande couleur noisett...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°4 - Werber, partie 3

Alors, vous revoilà encore, prêt pour les derniers mètres ? Je sais, il fait tout noir, il fait froid, la pression est insoutenable, et on n'a plus d'air. Mais on va y arriver, on va arriver au bout de cette plongée dans le gouffre mental de notre ami Bernard. 19. Aller voir sur place Un: s'informer. Deux: réfléchir. Trois: écrire. S'informer est indispensable. On ne parlera bien d'un lieu que si on y est allé pour faire des repérages. On ne parlera bien d'un métier que si on a discuté avec une personne qui la pratique. Évidemment on peut imaginer, mais le plus on se frottera au réel, le plus on découvrira de choses et on pourra raconter d'anecdotes vraies. Et le lecteur sent tout de suite ce qui est pur délire d'auteur et ce qui est une observation réelle. C'est donc ça le but de ton écriture ? Raconter des anecdotes ? On ne peut donc pas décrire une ville fictive ? Non, attends, changement de stratégie. Est-ce que tu t'es informé sur la lit...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°3 - Werber, partie 2

Nous revoici, j'espère que la première partie de la plongée vous avait plu, parce qu'on n'a pas terminé le massacre, oups, le sauvetage. Allez, ne traînons pas, je sais que vous avez aussi hâte que moi ! Après tout, la critique pamphlétaire est une sucrerie intellectuelle. 10. Surprendre Il faut surprendre à la conclusion, mais il faut toujours avoir une envie de surprendre à chaque page. Il faut que le lecteur se dise à chaque fois «ah ça… je ne m'y attendais pas». Les romains inscrivaient à l'entrée des théâtres "Stupete Gentes" qu'on pourrait traduire «Peuple préparez vous à être surpris ». Surprendre son lecteur est une politesse. Je commence sérieusement à m'interroger sur la cohérence d'un roman de Bernard. Comment peut-il surprendre à chaque page ? Quelle drôle d'injonction. Ce conseil est la suite de sa recommandation des fins "à twist", je n'aurais donc pas grand discours à ajouter : c'est de la merde. Si un l...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°2 - Werber, partie 1

Alors que je surfais, en quête d'un prochain sujet pour cette rubrique, j'ai, innocemment, tapé la recherche la plus logique sur mon navigateur préféré : "conseils d'écriture". Et que vois-je en quatrième résultat ? "Conseils aux écrivains en herbe, par Bernard Werber". Voilà ma curiosité piquée ; j'avoue n'avoir jamais lu cet auteur mais je sais qu'il est plusieurs fois bestseller . Je n'ai donc pas d' a priori sur le personnage, si ce n'est ma méfiance pavlovienne envers le succès. Alors, je clique. Quelques minutes plus tard, je comprends m'être lancée dans une dangereuse plongée en apnée dans la fosse des Mariannes. Alors plongeons, le scalpel cette fois, à travers ces vingt-sept paliers de contresens, biais, et, disons-le, conneries, pour sauver les pauvres aspirants auteurs solitaires qui se seront risqués dans cet apparent lagon. 1. Le désir Ecrire? Au commencement est le désir. Se demander pourquoi on a envie d...

Critique Générale n°1 - L'Homme Invisible, par H.G Wells

J'ai lutté pour terminer ce court roman. Le problème ne me vient pas tant de Griffin, j'ai une affection particulière pour les personnages antipathiques. Et j'en partage la misanthropie tant le reste des personnages démontre constamment, au choix, stupidité, curiosité déplacée, ou traîtrise. Non, l'ennui de ce livre vient plutôt de ses péripéties. La première moitié nous fait subir les habitants d'Iping qui découvrent que l'étrange visiteur est l'homme invisible avec un ton burlesque agrémenté du nom de chaque personnage que vous aurez oublié sitôt cité. le seul intérêt de cette partie serait de découvrir le mystère, mais le titre du livre a déjà vendu la mèche alors... bah, on s'en fout. Ensuite, un interlude où Griffin se fait voler son argent et ses recherches, puis on arrive à Kemp. Kemp est censé être un confrère, Griffin lui fait d'ailleurs confiance et lui explique toute sa mésaventure. Monologue qui s'étire sur plusieurs chapitre (d...

Incipit au Scalpel n°4 - Dérapage marketing

Bien que cette rubrique s'impose une stricte critique sur le texte même, j'aimerais, en préambule, me plaindre, oui, de ce titre anglicisant. Est-ce plus vendeur de dire "Inheritance" plutôt qu'"Héritage" ? Ou "Succession" ? C'est quand même un comble pour un roman qui se place à l'époque de la Révolution Française, dans la royauté, âge où, rapelons-le, le français était LA langue de l'international. Pourquoi je me permets cette revendication ? Parce que le premier chapitre s'ouvre sur une narratrice contemporaine, héritière de cette fausse reine de France que nous a promis la quatrième de couverture, dotée d'un nom particulièrement anglophone : Willow Gwyneth. D'instinct, je demanderais à l'auteur pourquoi elle n'a pas décidé de placer son histoire dans la cour anglaise, mais peut-être est-ce déjà réclamer trop de cohérence ? Voici l'extrait d'« Inheritance: La révolte de la reine » de Morgan Moncomb...