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Affichage des articles associés au libellé Etiologie du Cliché

Etiologie du Cliché n°3 - Pavé César, ceux qui vont te lire te saluent

Décidément, l'inflation attaque tout. Les prix, mais aussi la longueur du divertissement culturel. Que ce soit les films dont la durée moyenne a dépassé les 2h, les séries aux épisodes d'1h étalées jusqu'à écœurement du public, ou les romans qui dépassent aujourd'hui allègrement les 600 pages, on croule sous la quantité. Alors, d'où vient cette inflation du nombre de pages ? Les auteurs sont-ils soudainement si inspirés ?  Je crois qu'il y a d'abord une distinction à faire.  Sur les forums d'écriture que je côtoie, je constate que beaucoup de jeunes auteurs annoncent des manuscrits à 160, 180, 200 000 mots. Une longueur de roman, c'est normalement entre 50 et 120 000 mots, pour vous donner un ordre d'idée. Et bien qu'il s'agisse de manuscrits destinés à être raccourcis après réécriture, ils resteront bien au-dessus des longueurs standards. Mais il y a aussi un autre facteur : le ratio narration/dialogue de plus en plus en faveur du dialog...

Etiologie du Cliché n°2 - L'épidémie des sagas

Dans mon parcours de lectrice, j'ai évidemment lu quelques sagas lorsque j'étais plus jeune : Mercy Thompson, Oksa Pollock, la Sor'cière, Ulysse Moore, Twilight... Pourtant, maintenant adulte, après avoir élevé mes exigences littéraires, me voilà à refuser de lire la moindre trilogie, ou même le moindre livre de plus de 400 pages. Serait-ce du mépris ? Probablement. Gratuit ? Non.  Soyons réalistes, peu d'auteurs ont des choses intéressantes à raconter sur plus de 400 pages. Et encore moins en ont pour plusieurs tomes. Sans même parler de qualités stylistiques qui, malheureusement, n'intéressent pas beaucoup d'auteurs contemporains. Aujourd'hui, les sagas sont trop souvent des romans uniques gonflés à l'eau, tel un saumon d'élevage déjà obèse dont on cherche à maximiser la rentabilité, pour être vendus à la découpe. Alors pourquoi cette épidémie de sagas dans nos librairies ? Si si, la question est légitime parce que, commercialement, ce n'est pa...

Etiologie du Cliché n°1 - Le triangle, sans base, amoureux

Commençons par un peu de pinaillage sur un néologisme : le trope. Bien que ce mot existe depuis longtemps, il appartenait essentiellement au domaine de la rhétorique où il désignait des figures de style. Oui, vous savez, ces procédés que l'on oublie sitôt le bac de français passé. Mais ce que je voudrais souligner ici en préambule, c'est le dévoiement de ce terme pour vernir les clichés d'une couche méliorative, ou au moins neutre. Attention, je n'ai absolument rien contre l'étiquetage des livres, je viens moi-même des milieux de la fanfiction où c'est absolument indispensable pour s'y retrouver. Et c'est d'ailleurs, en partie, pour cela que Wattpad est une plateforme catastrophique. Je suis même ravie que la labellisation soit enfin arrivée dans les milieux littéraires plus traditionnels. Egalement, les clichés en eux-mêmes ne sont pas si dérangeants. Il n'existe qu'un nombre limité de situations narratives. Alors refusez la honte d'...