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Affichage des articles associés au libellé Conseils Génériques

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°6 - Ne vous inquiétez pas de la qualité de votre premier jet

Ce sujet va faire débat, pour changer, mais il est fondamental. À moins d'être un forcené de la réécriture, négliger son premier jet ne peut être qu'une mauvaise idée. Je commencerai par concéder l'importance d'aboutir ce premier jet, que c'est même la directive première de tout écrivain. C'est le plus difficile de terminer ce brouillon, seuls 5% des auteurs y parviennent. Dans ce cas précis, la fin justifie les moyens. Néanmoins, un premier jet illisible et dénué de voix, c'est presque impossible à rattraper. Pourquoi ? Parce qu'un premier jet illisible, vous allez déjà épuiser une réécriture dessus. Et vous n'aurez pas un texte abouti, vous aurez un jet propre sur lequel vous pourrez vraiment commencer à travailler. Et parce que la voix ne se trouve pas à postériori, la voix, c'est le regard que porte l'auteur et s'il n'en a pas quand il écrit, il n'en aura pas plus en réécrivant. Alors oui, vous obtiendrez peut-être un texte pr...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°5 - Faites un plan

Tout d'abord, cadrons le sujet. Au-delà du conseil de faire un plan, je voudrais plutôt parler de planification en général, donc l'ensemble du travail préparatoire que l'on vous recommande plus ou moins de faire avant de vous attaquer à la montagne du premier jet. J'entends les écrivains architectes hurler dans le lointain... Oui, j'ai forcément un biais parce que je suis l'une des rares à 99% jardinière. Moi ça m'emmerde de faire des trames ou de remplir des petites cases, et j'ai horreur de faire les choses deux fois, alors si je découvre tout avant d'écrire, ben j'ai plus envie d'écrire parce que j'ai l'impression de l'avoir déjà fait.  Ça n'empêche pas la planification d'être mortifère à bien des égards. Mais comment ça peut être mauvais ? me direz-vous. Et bien explorons en les raisons. Tout d'abord, connaissez-vous cette espèce très particulière d'élèves assidus et pourtant condamnés à la moyenne malgré leurs...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°4 - Werber, partie 3

Alors, vous revoilà encore, prêt pour les derniers mètres ? Je sais, il fait tout noir, il fait froid, la pression est insoutenable, et on n'a plus d'air. Mais on va y arriver, on va arriver au bout de cette plongée dans le gouffre mental de notre ami Bernard. 19. Aller voir sur place Un: s'informer. Deux: réfléchir. Trois: écrire. S'informer est indispensable. On ne parlera bien d'un lieu que si on y est allé pour faire des repérages. On ne parlera bien d'un métier que si on a discuté avec une personne qui la pratique. Évidemment on peut imaginer, mais le plus on se frottera au réel, le plus on découvrira de choses et on pourra raconter d'anecdotes vraies. Et le lecteur sent tout de suite ce qui est pur délire d'auteur et ce qui est une observation réelle. C'est donc ça le but de ton écriture ? Raconter des anecdotes ? On ne peut donc pas décrire une ville fictive ? Non, attends, changement de stratégie. Est-ce que tu t'es informé sur la lit...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°3 - Werber, partie 2

Nous revoici, j'espère que la première partie de la plongée vous avait plu, parce qu'on n'a pas terminé le massacre, oups, le sauvetage. Allez, ne traînons pas, je sais que vous avez aussi hâte que moi ! Après tout, la critique pamphlétaire est une sucrerie intellectuelle. 10. Surprendre Il faut surprendre à la conclusion, mais il faut toujours avoir une envie de surprendre à chaque page. Il faut que le lecteur se dise à chaque fois «ah ça… je ne m'y attendais pas». Les romains inscrivaient à l'entrée des théâtres "Stupete Gentes" qu'on pourrait traduire «Peuple préparez vous à être surpris ». Surprendre son lecteur est une politesse. Je commence sérieusement à m'interroger sur la cohérence d'un roman de Bernard. Comment peut-il surprendre à chaque page ? Quelle drôle d'injonction. Ce conseil est la suite de sa recommandation des fins "à twist", je n'aurais donc pas grand discours à ajouter : c'est de la merde. Si un l...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°2 - Werber, partie 1

Alors que je surfais, en quête d'un prochain sujet pour cette rubrique, j'ai, innocemment, tapé la recherche la plus logique sur mon navigateur préféré : "conseils d'écriture". Et que vois-je en quatrième résultat ? "Conseils aux écrivains en herbe, par Bernard Werber". Voilà ma curiosité piquée ; j'avoue n'avoir jamais lu cet auteur mais je sais qu'il est plusieurs fois bestseller . Je n'ai donc pas d' a priori sur le personnage, si ce n'est ma méfiance pavlovienne envers le succès. Alors, je clique. Quelques minutes plus tard, je comprends m'être lancée dans une dangereuse plongée en apnée dans la fosse des Mariannes. Alors plongeons, le scalpel cette fois, à travers ces vingt-sept paliers de contresens, biais, et, disons-le, conneries, pour sauver les pauvres aspirants auteurs solitaires qui se seront risqués dans cet apparent lagon. 1. Le désir Ecrire? Au commencement est le désir. Se demander pourquoi on a envie d...

Les conseils génériques, c'est pas automatique n°1 - Le "Show, don't Tell"

Ah, un idiome américain. Comme si ce pays était réputé pour son bon goût. Mais voyons en quoi ce conseil, bien intentionné, est en réalité mortifère pour la littérature. Pour commencer, je comprends. Si si, je vous assure. Je comprends ce qu'on voudrait dire avec cette expression : "Va un peu plus loin que de dire qu'il est triste". Et si on ne retenait que ça, ça irait. Mais le " Show, don't Tell " implique une réduction de la littérature au seul visuel, ce qui, vous en conviendrez, n'a aucun sens pour un art qui se repose exclusivement sur l'écrit. Oh, j'entends déjà ceux qui me reprocheront d'être trop littérale, que le " show ", c'est aussi l'intériorité et les pensées. Mais n'est-ce pas vous qui êtes trop permissif en laissant un mot dire tout et rien ? Le " show ", dans un scénario, ça a du sens. Une caméra ne sait pas filmer les concepts. Mais ce serait une erreur de réduire un film à son seul ...